Carte Postale



Cette étendue à perte de vue, de femmes et d’hommes à moitié dénudés, offrent une étude sociologique des plus passionnantes mais aussi, parfois, des plus affligeantes.


Cette étendue humaine apporte l’un des plus fantastique creuset de situation et d’observation en milieu homo sapiens. Avec l’avantage conféré d’être un spectacle renouvelé à chaque seconde.

Autant de situation cocasse que d’individus, autant de mini show que de flot humain déversé le long de la marée.


Cette meute humaine présente une caractéristique : le nivellement des valeurs. Nous laisserons de côté les très riches, si riches qu’un monde à part leur est dédié.

Pour tous les autres ; les gros, les petits, les maigres, les grands, les beaux, les sportifs, les laids, les avachit, aucun ne peut être identifié à priori sur son niveau social. Une sorte de communauté internationale universelle, la seule !

Les maillots de bain qu’ils soient boxer ou bermuda sans marque distinctive apparente sont une façon quasi parfaite de rendre tout le monde égal. Un peu à l’instar des uniformes dans les écoles d’antan, où le but avoué était l’unicité complète des individus, niant au passage le concept d’individualité au profit de la collectivité. Une autre façon de pratiquer l’égalitarisme face aux catégories socio-professionnelles.


Ces messieurs peuvent se délecter des petits, des « en poire », des formés, des aplatis, des pointés, des refaits. Poitrines féminines offertes au plaisir des yeux. Ces dames reluqueront peut-être les bedaines rebondies, tendues vers l’avant ou les corps d’athlètes sculptés additionnés aux poilus, aux velus ou aux imberbes. Tout ce petit cirque arborant aussi tee-shirt design ou bikinis léopard.


Une masse de lézards qui cuit en oubliant faussement les tracas d’une vie quotidienne citadine et se prélasse en faisant semblant de se détendre au rythme des vagues des océans. Profitant de l’air, du sable et de la mer qui appartient encore à tout le monde.

Ici et là trônent, comme les petits parasols en papier dans un verre de cocktails, des minis mais incontournables pare-soleil derniers cris ou vieillots. En majorité d’ailleurs, celui de moins de 10 € vendu au bazar de la plage, de toutes les plages de France et de Navarre, celui en colimaçon de bandes bleues et blanches. Celui qui, l’été achevé, rejoint les ustensiles inutiles dans la remise. Vous y êtes ? Je vois que nous avons le même. Ce parasol qui m’a très largement induit en erreur me faisant arrêter tous les 5 mètres croyant être rendu à destination ! – « oh pardon madame j’ai cru que c’était mon parasol » (elle était charmante).


Parfois des surfers peroxydés, hyper tendances reléguant Brice de Nice à la figuration, défient les lois de la gravitation marine et tentent de rester sur le dessus des rouleaux. Pour les autres, non-initiés il reste l’espace nageurs, enfin parqué devrais-je dire. Espace exigu, ridicule, où sur une bande d’à peine 100 mètres, entre deux drapeaux bleus, s’entassent tels des moutons moyens, les Mickael Phelps de circonstance tentant vainement de rompre l’écume de mer. Le flux ratatinant ici, le reflux brisant là, les plus audacieux. Dans cette bande de « Gaza » estivale, ils étaient plus de 500 à babiller - pathétique. Surveillés sans relâche sur une chaise de 3 m de haut par de bienveillants et magnifiques esthètes gorgés de soleil appointant à la CRS. Ces mêmes fonctionnaires qu’il vaut mieux croiser ici que sur le pavé habillés de pied en cap, casqués, matraque en main. Malgré eux donc, déformation professionnelle oblige, jouant du sifflet pour ramener les brebis inconscientes et téméraires.


Quant aux conversations !?... Croyez moi, elles ne méritent nullement d’être ici relatées. Au pire, je passerai pour un voyeur cynique et satirique, au mieux pour un humoriste de talent !


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